Hot Tubes devient le vivier junior d’Ineos Grenadiers : un pont entre les États-Unis et l’Europe


Ineos Grenadiers poursuit son restructuration de la filière de formation en nouant un partenariat avec la Hot Tubes Development Cycling, qui devient son équipe junior officielle. En parallèle, la formation britannique s’est également associée à la Lotto Kern-Haus PSD Bank, une équipe continentale allemande, pour encadrer ses espoirs U23.

Avec ces alliances, Ineos renforce sa présence sur la scène internationale et mise sur le développement de jeunes talents en dehors du circuit européen traditionnel. La gestion de cette nouvelle structure sera assurée par Dario Cioni et Simon Watts, tandis que du côté américain, Toby Stanton, fondateur et président de Hot Tubes, jouera un rôle clé dans l’accompagnement des jeunes.

Une pépinière américaine tournée vers l’Europe

Fondée en 1992, Hot Tubes est l’une des rares équipes américaines à envoyer régulièrement ses coureurs en Europe pour qu’ils puissent s’aguerrir face aux meilleurs juniors du continent. « C’est le seul moyen d’évaluer leur vrai niveau », explique Stanton. C’est ainsi qu’il a révélé des talents comme Magnus Sheffield, aujourd’hui chez Ineos, ou encore AJ August, qui entame sa deuxième saison avec l’équipe britannique.

Si la collaboration avec Ineos a suscité un grand intérêt – notamment au Royaume-Uni –, Stanton rappelle que son équipe s’inscrit avant tout dans un projet de formation global, indépendant de toute barrière géographique :

« Nous avons reçu beaucoup de demandes et même des protestations parce que nous ne sommes pas britanniques. Mais peu importe : nous faisons partie du programme de développement d’Ineos, et leur objectif est d’avoir des partenaires dans plusieurs pays, y compris en Italie. L’essentiel, c’est de trouver et former les talents, où qu’ils soient. »

Le cyclisme américain en quête d’un second souffle

Malgré une présence accrue des coureurs américains dans le WorldTour, le cyclisme aux États-Unis souffre d’un manque de courses et de visibilité. Stanton explique que le coût élevé de l’organisation d’épreuves sur route, notamment à cause des restrictions policières, a freiné le développement de compétitions locales. Résultat : beaucoup de jeunes se tournent vers le VTT, plus accessible.

« Avant, nous avions des courses régionales solides. Mais avec l’arrivée d’épreuves comme le Tour de Californie ou du Colorado, les plus petites ont disparu. Et aujourd’hui, organiser des courses sur route est devenu un vrai défi. »

Néanmoins, l’intérêt pour le cyclisme de haut niveau reste fort aux États-Unis. Des courses comme la Strade Bianche, le Giro, le Tour et la Vuelta attirent une audience importante, et les jeunes coureurs américains suivent de près les stars du peloton comme Pogacar et Evenepoel.

Quels futurs talents à surveiller ?

Si aucun coureur dominant ne se détache encore dans l’équipe junior de Hot Tubes, plusieurs jeunes talents pourraient émerger rapidement. Stanton cite notamment les fils de David Zabriskie, qui montrent un fort potentiel physique, ainsi que Enzo Edmonds, 17 ans, qui s’est déjà illustré en 2024, notamment en Europe.

« Chez les juniors, tout évolue très vite. Un garçon anonyme une année peut exploser l’année suivante. Tant qu’on ne les met pas en compétition avec les meilleurs, on ne sait jamais vraiment leur valeur. »

Une présence renforcée en Europe en 2025

Hot Tubes prévoit trois à quatre déplacements en Europe cette saison, avec des passages confirmés en Belgique, France, Allemagne et Espagne. L’objectif est clair : donner à ses jeunes coureurs une expérience essentielle sur le terrain européen et les préparer à une éventuelle transition vers le haut niveau.

Avec cette collaboration entre Ineos Grenadiers et Hot Tubes, le cyclisme américain dispose désormais d’un véritable tremplin vers le WorldTour. Reste à voir si cette initiative permettra d’écrire une nouvelle page dorée du cyclisme aux États-Unis, après les générations Lemond, Armstrong et Phinney.

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