Alpecin-Deceuninck prêt pour Milan-San Remo : Van der Poel et Philipsen en leaders


Demain, Milan-San Remo, le premier Monument de la saison cycliste, sera le théâtre d’un affrontement de haut niveau. Pour Alpecin-Deceuninck, cette course a une saveur particulière : en 2023, Mathieu van der Poel l’avait remportée, et l’année dernière, Jasper Philipsen s’était imposé au sprint. En 2025, l’équipe revient avec une sélection solide, où Kaden Groves pourrait également jouer un rôle clé.

Philipsen en quête d’un doublé malgré une préparation compliquée

La préparation de Milan-San Remo n’a pas été sans embûches pour le tenant du titre. Jasper Philipsen a chuté lors de Nokere Koerse, laissant planer un doute sur sa participation.
« C’était une lourde chute que je n’avais pas anticipée, et j’ai eu besoin de temps pour voir si j’allais être prêt à courir, » explique-t-il. « Ma main a été recousue le soir même à l’hôpital de Gand et mes abrasions ont été traitées avec soin. Ce n’est pas confortable, mais la douleur reste supportable. J’ai pu rouler correctement dès jeudi matin, sans trop de raideur. Je veux donc tenter ma chance. »

Difficile de prévoir ses ambitions dans ces conditions. « Milan-San Remo n’est jamais une course facile à gagner. L’an dernier, tout s’est parfaitement aligné pour moi, mais peut-être que le scénario sera totalement différent cette fois. Heureusement, avec Mathieu et maintenant Kaden, nous avons plusieurs cartes à jouer. J’ai confiance en notre collectif, et c’est ça qui compte le plus. »

Quoi qu’il arrive, Philipsen garde une fierté immense d’avoir inscrit son nom au palmarès de la Classicissima : « Même si je ne gagne jamais un autre Monument, cette course restera toujours spéciale pour moi. »

Van der Poel : « Une course imprévisible »

Contrairement à Philipsen, Mathieu van der Poel a connu une préparation idéale. Il a ménagé ses efforts la semaine précédant la course, ne réalisant qu’une reconnaissance du Tour des Flandres mercredi. Il a aussi opté pour une préparation différente par rapport à l’année dernière : « Tirreno-Adriatico m’a apporté ce petit plus en termes de condition physique. »

Le Néerlandais sait à quel point Milan-San Remo est imprévisible : « Tout le monde dit que c’est un Monument que l’on peut gagner sans forcément être le plus fort. Tout dépend de ce qui se passe sur le Poggio. »

Selon lui, le moment le plus critique est après la descente du Poggio : « Lorsque le groupe est encore compact, on sait que des attaques vont fuser. C’est probablement l’instant le plus dangereux de la course. »

Pogacar en facteur X

Philipsen s’attend à voir Tadej Pogacar plus agressif cette année : « Il hésitera moins que l’an dernier. Il essaiera d’appuyer encore plus fort sur le Poggio pour creuser un écart décisif. »

Van der Poel partage cette analyse mais reste serein : « Parfois, il vaut mieux ne pas être en condition d’attaquer soi-même et juste suivre le bon coup. Il n’est pas obligatoire d’être le premier au sommet du Poggio pour gagner Milan-San Remo. »

À 29 ans, le Néerlandais ressent moins de pression : « J’ai déjà accompli presque tous mes objectifs, et même plus que ça. Cela m’apporte beaucoup de tranquillité. Tout ce qui vient maintenant est un bonus, ce qui rend la course encore plus agréable. Mais je veux toujours gagner les plus grandes épreuves, et un autre Monument me motive énormément. »

Plusieurs cartes à jouer pour Alpecin-Deceuninck

Avec Philipsen, Van der Poel et Groves au départ, l’équipe dispose de multiples options tactiques. Philipsen considère cela comme un atout : « Le scénario idéal ? Pour moi, ce serait le même que l’an dernier, bien sûr ! Être présent après le Poggio et voir ce qui est possible. Mais si je ne me sens pas bien dans le final, j’aiderai l’équipe avec plaisir. Le plus important est que nous gagnions ensemble. J’ai adoré ma victoire l’an dernier, mais j’ai aussi savouré celle de Mathieu il y a deux ans. »

Van der Poel sait qu’il devra faire les bons choix sur le Poggio : « À quoi est-ce que je pense à ce moment-là ? À rien en particulier. Tout va très vite. Avant même de s’en rendre compte, on est au sommet, et après, c’est à fond jusqu’à la ligne. »

Lui aussi se méfie de Pogacar mais voit son niveau comme un stimulant : « Je sais que je devrai être à 110% pour le battre. C’est une excellente motivation. »

Avec plusieurs atouts et des ambitions intactes, Alpecin-Deceuninck s’avance comme l’une des équipes les plus redoutables de cette édition 2025 de Milan-San Remo.

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