Fabio Jakobsen s’exprime à nouveau sur la sécurité en course, et plus particulièrement lors des sprints, un sujet qui lui tient à cœur depuis son grave accident lors de la première étape du Tour de Pologne 2020. Le sprinteur néerlandais, désormais membre du Team Picnic PostNL, avait déjà abordé la question ces dernières semaines en mettant l’accent sur la sécurité des parcours et la limitation des braquets. Dans une récente interview, il a approfondi le sujet en soulignant que les sprints deviennent de plus en plus denses et dangereux.
« Je pense que la sécurité s’est améliorée et qu’aucun incident aussi grave que le mien ne s’est reproduit, ce qui est une bonne chose et j’espère que cela restera ainsi. Mais je crois que les organisateurs et l’UCI doivent continuer à chercher des solutions pour éviter des accidents extrêmes. Nous, sprinteurs et coureurs, devons aussi veiller à ce que la course reste sûre », a déclaré Jakobsen.
Le Néerlandais met en avant l’augmentation du nombre de sprinteurs capables de rivaliser aux avant-postes, rendant les arrivées plus chaotiques et dangereuses. « Il y a plus d’équipes qui jouent la victoire au sprint et davantage de coureurs capables de terminer dans les cinq premiers. Cela complique tout et augmente les risques. Prenez l’UAE Tour, par exemple : il y a 20 à 25 coureurs qui peuvent viser le top 10, ce qui signifie que 15 d’entre eux n’y parviendront pas. À l’époque du Dubai Tour, seulement trois ou quatre équipes misaient sur le sprint, maintenant il y en a au moins dix. »
Pour améliorer la sécurité, Jakobsen suggère d’introduire des règles plus strictes concernant les trajectoires en sprint. « Il faudrait peut-être des règles plus claires sur les changements de trajectoire sans mettre les autres en danger. La vraie question est : qui est responsable en cas d’accident ? Le coureur de tête qui change de ligne ou celui qui le suit ? »
Il propose ainsi une solution concrète : « Un coureur pourrait choisir un côté de la route pour lancer son sprint, mais sans mettre les autres en difficulté. Si l’on commence à trop zigzaguer, on devrait être disqualifié. Cela permettrait d’établir une stratégie plus claire et de réduire les risques. »
En revanche, Jakobsen ne partage pas la proposition de Wout Van Aert et Chris Froome visant à limiter les braquets pour réduire la vitesse des sprints. « Si l’on réduit les braquets, beaucoup de coureurs utiliseront des manivelles plus courtes pour augmenter leur cadence. Le problème n’est pas la vitesse, mais les obstacles sur le parcours. Si les barrières sont bien placées, que les virages sont bien signalés et qu’il n’y a pas d’éléments dangereux, la vitesse ne pose pas de problème. Ce sont souvent les obstacles combinés à un peloton dense qui créent le danger. »

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