Vingegaard en surchauffe ? Sa femme alerte sur les risques d’épuisement


Les confidences de Trine Hansen, épouse de Jonas Vingegaard, ont fait l’effet d’une bombe dans le peloton. Dans une interview au journal danois Politiken, elle affirme que son mari, double vainqueur du Tour de France, est au bord du burnout : “Il brûle la chandelle par les deux bouts... Il y a trop de voyages, trop de sollicitations. On presse trop le citron.”

Selon elle, l’emploi du temps surchargé de son mari — entre stages en altitude, courses à répétition et déplacements constants — le mène droit vers une rupture physique et mentale. “Il commence en février, et après c’est toutes les deux semaines un aller-retour. Ce n’est pas une vie facile. Jonas ne recharge pas ses batteries lors des stages : il a besoin d’être chez nous, au Danemark.”

Son équipe, Visma – Lease a Bike, a rapidement minimisé les propos, tout comme Vingegaard lui-même. Mais le débat est lancé : les stars du cyclisme moderne en font-elles trop ?

Les chiffres montrent que les leaders comme Vingegaard ou Pogačar courent moins qu’avant (respectivement 44 et 58 jours en 2023), mais ils passent des mois en stage à haute altitude, souvent loin de chez eux. “Ce n’est pas le nombre de jours qui a changé, mais les lieux”, observe Rolf Aldag, directeur sportif chez Red Bull – BORA – hansgrohe. “Avant on allait à Majorque ou en Toscane. Aujourd’hui, c’est Tenerife, l’Andorre ou la Sierra Nevada.”

Stephen Barrett, entraîneur chez Decathlon AG2R La Mondiale, estime qu’un coureur de haut niveau passe 10 à 12 semaines en stage par an, en plus de 50 à 70 jours de course. “C’est un équilibre délicat. Si un coureur reste trop longtemps à l’altitude, il risque de s’épuiser”, avertit-il.

Pour Ben O’Connor (Jayco – AlUla), finaliste de la Vuelta 2023 : “C’est notre métier. On fait des sacrifices. Si tu n’es pas prêt à les faire, tu n’as rien à faire là.”

Malgré les inquiétudes de Mme Vingegaard, les experts du peloton s’accordent à dire que les équipes modernes surveillent de près leurs coureurs pour éviter la surcharge. Comme le résume Aldag : “Si tu veux réduire, tu peux le faire. C’est ton choix. Mais personne ne t’oblige.”

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