La fin de la saison 2025 marque la conclusion d’une vague de départs parmi les figures majeures du peloton, et Giacomo Nizzolo en fait partie. À 36 ans, le sprinteur lombard met fin à une carrière riche, marquée par la constance, la combativité et un palmarès plus fourni qu’il n’y paraît. Après deux saisons sous les couleurs de Q36.5, il referme un parcours débuté il y a quatorze ans chez Trek – sous différentes appellations – avant de défendre les couleurs de Dimension Data (2019-2021) puis d’Israel-Premier Tech (2022-2023).
31 victoires et deux Maglie Ciclamino
Avec 31 succès professionnels et deux classements à points du Giro d’Italia, Nizzolo laisse l’image d’un coureur capable de briller autant par sa pointe de vitesse que par sa ténacité. Pendant longtemps, son grand objectif aura été une victoire d’étape sur le Giro. Elle finira par arriver en 2021, après une interminable série de… 11 deuxièmes places.
« L’avoir attendue si longtemps m’a permis de la savourer davantage », explique-t-il dans l’émission RadioCorsa.
Parmi ses plus belles journées, l’Italien cite également son titre de champion d’Europe à Plouay en 2020, conquis au terme d’une course où l’équipe d’Italie avait réalisé une prestation collective parfaite. Face à un Arnaud Démare en pleine confiance et sur ses terres, Nizzolo avait trouvé la puissance nécessaire pour conclure.
Deux titres de champion d’Italie, deux histoires différentes
Les deux maillots tricolores de 2016 et 2020 occupent aussi une place à part dans la mémoire de l’ex-sprinter :
« Le championnat d’Italie a toujours eu une valeur particulière pour moi. Si je dois comparer, l’Europe a peut-être plus de prestige, mais choisir entre les deux m’est impossible. »
Il évoque notamment Cittadella 2020, avec ses multiples ascensions de la Rosina, exigeantes pour un sprinteur, avant une victoire parfaitement maîtrisée. Quant à Boario Terme 2016, la surprise fut totale : Nizzolo s’imposa dans un sprint à deux face à Gianluca Brambilla, coureur au profil nettement plus grimpeur.
Les Mondiaux : entre regrets légers et souvenirs marquants
Nizzolo ne cache pas sa fierté en repensant à sa 5ᵉ place au Mondial de Doha 2016, une journée étouffante marquée par une chaleur extrême :
« J’ai lancé avec un braquet trop long, mais j’étais là, contre Sagan, Cavendish, Boonen… Au départ, j’aurais signé pour un top 5. »
Et un clin d’œil à l’avenir : il souhaite à Jonathan Milan de briller au Mondial d’Abu Dhabi 2028, tout en espérant – avec humour – que les organisateurs ne placeront pas réellement “cette fameuse montagne” annoncée dans certaines rumeurs.
Le cyclisme moderne, moins favorable aux purs sprinteurs
Avec lucidité, l’Italien analyse l’évolution du cyclisme, où les sprints massifs sont de moins en moins assurés :
« Les sprinteurs doivent désormais survivre à des parcours de plus en plus durs pour jouer leur carte. Quand je suis passé chez les élites, je devais à tout prix perdre l’étiquette du sprinteur limité aux courses plates. Le championnat de Boario Terme a été la preuve que je pouvais tenir sur des profils vallonnés. »
Le grand regret : Milan-Sanremo
S’il devait garder un seul rêve non accompli, c’est sans hésiter la Primavera :
« La Sanremo a toujours été la course de mes rêves, mais elle est devenue inaccessible ces dernières années. Le niveau, l’intensité, les champions du moment… La course n’est plus la même que par le passé. »
Giacomo Nizzolo quitte ainsi le peloton avec élégance, lucidité et sans amertume. Un sprinteur intelligent, technique, régulier, dont la carrière a marqué une décennie de cyclisme moderne.

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