Magdeleine Vallieres, sensation mondiale : la Québécoise conquiert le maillot arc-en-ciel au Rwanda


Magdeleine Vallieres a créé la sensation aux Championnats du monde sur route au Rwanda en remportant, à 24 ans, l’un des titres les plus convoités du cyclisme. La Canadienne de Sherbrooke, déjà bien connue des fidèles de Keen RaceTV et des supporters d’EF Education-Oatly, a ébloui le peloton par une attaque magistrale dans les derniers kilomètres, avant de s’envoler en solitaire jusqu’au sommet du Muur van Kigali.

Vallieres, souvent appréciée pour ses vidéos de revue de chambres et ses efforts impressionnants au service de ses coéquipières – notamment sur le Tour de France Femmes –, a cette fois pris la lumière pour elle seule. Soutenue par son équipe et par un collectif convaincu de son potentiel, elle a répondu présente au moment décisif.

Son offensive décisive s’est produite au sein d’un petit groupe de trois fugitives. « Sur la dernière bosse, j’ai attaqué, donné tout ce que j’avais et je n’ai plus regardé derrière », raconte-t-elle. Les derniers mètres ont été un mélange d’euphorie et d’incrédulité. « Je ne savais pas quoi faire. Je voyais les 500 derniers mètres, mais je n’y croyais pas encore. Je me demandais : est-ce qu’elles reviennent ? Est-ce que j’ai le temps de célébrer ? » confie Vallieres, amusée en repensant à ce moment suspendu.

Même la ligne franchie, elle restait incrédule. « Je pensais qu’elles étaient juste derrière. Je ne voulais pas ralentir. Même sur les deux derniers kilomètres, j’avais peur d’avoir fait une erreur. » Ce n’est qu’en voyant l’écart réel que l’émotion l’a submergée.

Au-delà de ce triomphe, qui restera comme l’une des grandes performances de ces Mondiaux 2025, le public découvre davantage la personnalité de cette championne attachante : disciplinée, passionnée, adepte des routines, de la vie simple et du travail bien fait. « Ce que je fais, c’est mon rêve », dit-elle simplement.

Avec cette victoire, Magdeleine Vallieres entre dans une nouvelle dimension, prête à porter le maillot arc-en-ciel et à écrire la suite d’une histoire déjà captivante.

5 questions pour une championne

1. Mags, comment te décrirais-tu ?
Je dirais que je suis une cycliste du Québec, au Canada, avec une très grande passion pour le cyclisme. Je suis quelqu’un de très discipliné. J’aime la routine. Et j’aime être entourée de gens formidables. Parfois, je peux être un peu intense. J’aime me coucher tôt. J’aime faire mes étirements avant d’aller au lit. J’aime bien manger. J’aime m’entraîner très fort. J’aime la structure.

2. Quel est ton métier de rêve ?
Celui-ci. Je suis déjà en train de faire le métier de mes rêves.

3. Comment as-tu remporté le championnat du monde sur route ?
Nous étions dans une petite échappée de trois coureuses, et dans la dernière petite bosse j’ai attaqué, je me suis donnée à fond et je n’ai pas regardé derrière. J’ai juste appuyé le plus fort possible sur les pédales, jusqu’à la ligne, et j’ai gagné.

4. Qu’as-tu pensé en franchissant la ligne d’arrivée des Mondiaux ?
Je me disais : « Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi faire. » J’ai vu les 500 derniers mètres, et là ça a commencé à devenir un peu plus réel, mais pas totalement. Les derniers 500 mètres m’ont semblé longs. La route montait légèrement jusqu’au sommet. Je me suis dit : « Bon, je dois célébrer. Mais est-ce qu’elles sont juste derrière ? Est-ce que j’ai le temps ? » Je pensais à la victoire de Kristen aux Jeux olympiques, quand elle est passée la ligne sans rien faire parce qu’elle était tellement concentrée. Alors je me suis dit : « Ok, je dois faire quelque chose. » Je n’ai pas réfléchi. J’ai juste levé les bras. Et puis, comme j’étais encore sous le choc que ça se soit vraiment passé, je crois que j’ai eu un énorme flot d’émotions. Alison m’a dit ensuite que ma célébration était bien, alors je me suis dit : « Ok, parfait. Ça va. C’était une bonne célébration. »

5. Quand as-tu su que tu avais vraiment gagné ?
Il y avait ce petit replat, plus raide au début, puis ça s’est un peu adouci, et j’ai pensé que j’avais vraiment fait une erreur. Je me disais : « Ça va être très, très long jusqu’à la ligne. » C’était deux kilomètres, mais deux kilomètres très longs. Et puis j’ai regardé derrière, persuadée qu’elles allaient être juste là. Je ne pouvais pas ralentir, pas même dans ma tête. Je pensais qu’elles allaient être juste dans ma roue, alors j’ai continué jusqu’à la ligne. Même sur la ligne, je n’y croyais pas. Je regardais encore et toujours, en me disant : « C’est sûr qu’elles arrivent. »

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