« C’est une année que je n’oublierai jamais de ma vie. » C’est par ces mots que Filippo Baroncini a récemment pris la parole sur ses réseaux sociaux. Le coureur italien de l’équipe UAE Team Emirates est revenu, avec une rare sincérité, sur le grave accident dont il a été victime le 6 août dernier lors du Tour de Pologne, un drame qui l’a laissé entre la vie et la mort.
La chute est violente. En pleine descente, sur une portion dangereuse recouverte de gravier, Baroncini perd le contrôle de son vélo. Le choc est terrible. Le diagnostic médical est lourd : fracture de la clavicule, lésion d’une vertèbre cervicale et surtout un traumatisme facial sévère. Pour limiter les risques, les médecins décident de le placer en coma artificiel, une mesure préventive face à la gravité de ses blessures. À ce moment-là, sa vie ne tient qu’à un fil.
Les images de sa récupération, partagées récemment sur Instagram, ont profondément marqué le monde du cyclisme. Le coéquipier de Tadej Pogačar confie d’ailleurs ne pas encore être capable de regarder les photos prises juste après l’accident. « Voir mon visage si abîmé est une confrontation que je ne peux pas encore supporter », explique-t-il, précisant travailler cet aspect psychologique avec un spécialiste. « Si je garde ce choc dans ma tête, je ne pourrai pas performer. »
Au-delà de l’accident lui-même, Baroncini pointe également de graves manquements dans la prise en charge médicale. Il affirme être resté 45 minutes immobilisé dans une ambulance, malgré l’urgence de son état. « C’est incroyable quand on sait dans quel état je me trouvais », déplore-t-il. Ce serait l’intervention du médecin de l’équipe INEOS qui aurait permis d’accélérer son transfert à l’hôpital. « J’avais la mâchoire cassée, le nez écrasé et j’ai failli devenir aveugle. » Il estime que ses lunettes lui ont sauvé la vue, à quelques millimètres près.
Après plusieurs jours en Pologne, l’Italien est rapatrié en avion sanitaire à Milan, où il subit une opération de reconstruction de onze heures au niveau du visage et de la mâchoire. À son réveil, deux semaines plus tard, le constat est saisissant : « C’est un miracle que je sois encore en vie et que je puisse voir. »
La rééducation est longue et exigeante. D’abord en piscine, puis progressivement sur le vélo. En octobre, il effectue une première sortie lors du rassemblement de l’équipe à Abu Dhabi. « Je souffre plus que les autres, ma condition n’est pas encore bonne. Mais je sais que je dois être patient. »
Arrivé chez UAE en janvier 2024, champion du monde espoirs en 2021, vainqueur du Tour de Wallonie cette saison avant son accident, Baroncini livre aujourd’hui un témoignage fort, bien au-delà du sport. Dans sa lettre publiée sur les réseaux sociaux, il évoque la peur de laisser un vide derrière lui, la souffrance de ses proches, mais aussi une renaissance. « La vie est belle et doit être vécue pleinement, car d’un instant à l’autre, elle peut disparaître. »
Et de conclure avec espoir : « Je me lève en silence, avec un sourire. Parce que j’ai encore faim, encore des rêves. On se revoit en 2026, sur les routes, avec encore plus de courage. » Un message poignant, symbole de résilience et de force intérieure.

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