Le peloton regorge parfois d’histoires étonnantes. Celle de Jordan Jegat en fait partie. Le coureur français de l’équipe TotalEnergies, discret mais efficace, s’est hissé dans le top 10 du Tour de France 2025, un exploit remarquable pour un coureur qui, quelques années auparavant, travaillait encore dans des usines et dans la poissonnerie d’un supermarché.
Originaire de Bignan, en Bretagne, le Français de 26 ans n’a pas suivi le parcours classique des jeunes prodiges du cyclisme. S’il roulait à vélo dans son enfance, c’était surtout pour le plaisir. Sa passion pour la compétition n’est revenue qu’à l’adolescence.
« J’ai toujours fait du vélo, mais seulement pour m’amuser. Ensuite j’ai arrêté pendant un moment. J’avais mes amis, l’école… La passion est revenue chez les juniors ».
Mais contrairement à beaucoup de jeunes coureurs de haut niveau, Jegat devait travailler pendant les vacances pendant que ses adversaires se consacraient entièrement au cyclisme. La pandémie de Covid-19 a ensuite retardé ses espoirs de carrière professionnelle.
Pendant cette période, il enchaîne plusieurs emplois : dans l’usine D’Aucy, spécialisée dans les conserves, chez Le Ster dans une usine de pâtisseries, puis au rayon poissonnerie d’un supermarché.
Ces expériences difficiles ont forgé son caractère. « Le cyclisme est un sport très dur, mais je me suis rendu compte que ce n’est jamais aussi difficile que de travailler dans une usine de surgelés », raconte-t-il.
Peu à peu, Jegat décide de tout miser sur le cyclisme. Il finance lui-même certains aspects de sa préparation, part en stage en montagne et travaille avec un nutritionniste pour améliorer ses performances.
« Il s’est énormément investi. Il a payé ses stages, travaillé sur son poids et progressé chaque année », explique son entraîneur Anthony Ravard.
Ses résultats avec l’équipe CIC U Nantes Atlantique attirent finalement l’attention de TotalEnergies, qui lui offre une chance dans le peloton professionnel.
En 2024, il découvre le Tour de France pour la première fois. Très offensif, il tente plusieurs échappées, notamment lors de l’étape de Bologne, où il termine 11e.
Un an plus tard, il franchit un cap en terminant 10e du classement général du Tour, malgré les critiques de certains compagnons d’échappée qui estimaient qu’il n’avait pas sa place à ce niveau.
Pour 2026, Jegat affiche de nouvelles ambitions. Après un début de saison prévu sur le Tour d’Oman, il vise à nouveau le Tour de France.
« L’objectif principal reste le Tour. L’an dernier m’a laissé énormément de souvenirs. Cette année, j’aimerais gagner une étape », confie-t-il.
Le Breton rêve même d’aller encore plus loin. « Après une dixième place, tout le monde pense au classement général. Moi aussi. Mais un podium serait encore trop grand. Devant, il y a des champions comme Pogacar et Vingegaard ».
Son objectif à long terme est clair : se rapprocher du top 5 dans les prochaines années.
Une ambition qui résume parfaitement son parcours. Car pour Jordan Jegat, chaque succès est le résultat d’une philosophie simple héritée de sa famille :
si vous voulez quelque chose, il faut travailler pour l’obtenir.

Enregistrer un commentaire