Après plusieurs années à évoluer au plus haut niveau, Ane Santesteban a dû écouter les signaux de son corps. La cycliste espagnole, désormais membre du Laboral Kutxa Team, a récemment révélé le problème de santé qui a affecté ses performances en 2024 et la manière dont elle apprend à le gérer.
Un diagnostic tardif mais libérateur
L’ancienne coureuse du Team Jayco AlUla avait signé des performances de haut niveau avec une 6ᵉ place sur La Vuelta en 2022, une 8ᵉ position sur le Tour de France 2023 et un top 10 au Giro la même année. Mais 2024 fut une saison bien plus difficile. Après des mois de souffrance et d’incertitude, elle a finalement découvert l’origine de son mal-être lors d’un contrôle gynécologique fin octobre :
"On m’a diagnostiqué un kyste ovarien et de l’endométriose. Tout ce qui finit en -ose n’est jamais bon, mais pour moi, ce fut une libération. Je souffrais depuis des mois sans comprendre pourquoi."
La coureuse de 33 ans a également expliqué les doutes et les jugements auxquels elle a dû faire face :
"Beaucoup ont attribué ma baisse de performance à un problème mental, à la pression de courir pour une équipe basque. Mais la seule pression que j’ai, c’est celle que je me mets moi-même. Je savais que quelque chose clochait."
Durant le Tour de France Femmes, elle ressentait de fortes douleurs lombaires et à une jambe. Malgré plusieurs examens médicaux, aucune anomalie n’avait été détectée. Des mois d’incertitude et de frustration ont suivi jusqu’à ce que l’origine du problème soit enfin identifiée.
Un nouveau départ
Le traitement prescrit – une pilule hormonale – ne guérit pas l’endométriose, mais améliore considérablement la qualité de vie.
"Les douleurs qui me faisaient me tordre de souffrance ont disparu. Les bonnes sensations reviennent, et je sais que les résultats suivront."
Santesteban souhaite désormais partager son expérience pour sensibiliser davantage à cette maladie encore trop méconnue.
"J’ai découvert un monde où l’alimentation et la supplémentation jouent un rôle clé. Je vais continuer à en apprendre et à en parler."
Avec cette nouvelle approche et une meilleure gestion de sa santé, Ane Santesteban espère retrouver son meilleur niveau en 2025 et viser à nouveau les sommets du cyclisme féminin.
Ane Santesteban "Le 31 octobre, lors d’un examen gynécologique annuel, on a découvert un kyste ovarien et une endométriose. Il est clair que tout ce qui se termine en -ose n’est jamais une bonne nouvelle, mais dans mon cas, ce fut une libération. Depuis des mois, je souffrais, je me sentais mal et je multipliais les consultations médicales dans l’espoir d’obtenir un diagnostic et une solution. Cela a pris des mois.
Aujourd’hui, j’ai décidé de briser le silence et de tout vous raconter. Au début, j’ai hésité, par pudeur, par crainte d’aborder des sujets comme la santé féminine, les hormones, les ovaires... Mais finalement, j’ai choisi d’en parler pour normaliser, sensibiliser et, surtout, aider d’autres femmes qui pourraient traverser la même chose.
Beaucoup ont attribué ma baisse de performance à un problème mental, à une incapacité à gérer la "pression" de courir dans une équipe locale. Sans se rendre compte que la seule pression que je ressens vient de moi-même ; que je sois ici ou ailleurs, mon unique objectif est de donner le meilleur de moi-même. Rien d’autre. Je savais que quelque chose n’allait pas. Je ne me sentais pas bien, j’avais des symptômes que je ne comprenais pas.
Après le Tour, je me souviens avoir parlé à mon entraîneur et au médecin de l’équipe. Je leur ai expliqué que j’avais des douleurs aux lombaires et à une jambe. On a fait une IRM, mais rien d’anormal n’a été détecté. J’ai consulté d’autres spécialistes, tout semblait normal. J’ai ressenti du désespoir, encore et encore, jusqu’à ce qu’en octobre, un rendez-vous chez le gynécologue révèle enfin la cause de mes souffrances.
La "solution" proposée ? Prendre la pilule. Avec cela, bien sûr, sont venues la rétention d’eau, l’apparition de boutons et la peur que cela affecte encore plus mes performances. La pilule ne guérit pas l’endométriose, mais les mots de ma gynécologue ont résonné en moi : qualité de vie. Et dans mon cas, c’est exactement ce qui s’est passé. Ces douleurs qui me faisaient me tordre de souffrance ont disparu. Les bonnes sensations sont de retour et je sais que les résultats suivront.
Ces derniers mois, j’ai beaucoup lu sur l’endométriose. Heureusement, on en parle de plus en plus et les études progressent. J’ai découvert tout un monde où l’alimentation et la supplémentation jouent un rôle clé. J’ai encore beaucoup à apprendre, et je partagerai cela avec vous.
Merci à tous ceux qui m’ont soutenue."

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