Deux Colombiens intègrent le World Tour chez Picnic PostNL : Une révolution culturelle


L'équipe Picnic PostNL, anciennement connue sous les noms de Sunweb et DSM, s'est toujours distinguée par son approche méthodique du cyclisme, privilégiant le développement des jeunes talents, en particulier néerlandais. Pourtant, à la surprise générale, la formation a brisé ses propres habitudes en recrutant deux Colombiens de 20 ans, Guillermo Juan Martínez et Juliana Londoño, pour un contrat de deux ans.

Une équipe historiquement méfiante envers les Sud-Américains

Jusqu'à présent, aucun Colombien ou même Sud-Américain n’avait porté les couleurs de l’équipe. Cette réticence s’expliquait en partie par des différences culturelles perçues comme un obstacle à l’adaptation des coureurs au style de course européen.

Le directeur sportif Rudi Kemna ne cache pas cette prudence historique :

"Nous avons toujours été un peu méfiants quant à leur culture. Nous nous demandions : qu’est-ce que c’est exactement ? Est-ce que cela nous convient ?"

Mais alors, comment ces deux jeunes talents ont-ils réussi à intégrer l’équipe ?

Une opportunité venue… des Pays-Bas

Ironiquement, c’est aux Pays-Bas que l’équipe a repéré les deux coureurs. Juliana Londoño, spécialiste du sprint, a été repérée grâce au programme de formation de l’UCI (World Cycle Centre Team), qui l’a amenée en Europe. Elle a d’ailleurs remporté le titre national colombien sur route en début d’année.

De son côté, le grimpeur Guillermo Juan Martínez a couru pour l’équipe de développement Q36.5 Pro Cycling durant deux saisons avant d’attirer l’attention de Picnic PostNL, qui a décidé de lui offrir directement une place en World Tour.

Une agence spécialisée en marathon derrière ce recrutement

Un élément clé de ces signatures est l'implication de Global Sports Communication (GSC), une agence néerlandaise historiquement spécialisée dans la gestion d'athlètes de marathon. Fondée par Jos Hermens et Ellen van Langen, cette agence représente des stars de l’athlétisme comme Eliud Kipchoge, Sifan Hassan et Faith Kipyegon.

Sous l’impulsion de Valentijn Trouw, GSC a lancé un programme de développement du cyclisme en Colombie, en collaboration avec une école locale et des entraîneurs européens. C’est via ce réseau que Londoño et Martínez ont été identifiés comme des talents prometteurs.

Un projet à long terme pour intégrer davantage de Colombiens

Pour Rudi Kemna, ces signatures ne sont que le début :

"Nous ne pensons pas que ces deux Colombiens seront les derniers à nous rejoindre. Nous voulons apprendre à mieux comprendre cette culture et voir comment nous pouvons travailler ensemble."

Le défi principal reste l’adaptation culturelle, plus encore que la barrière linguistique. Mais l’équipe est prête à relever ce défi, convaincue du potentiel de ses nouvelles recrues.

Les ambitions de Martínez et Londoño

Martínez a débuté sa saison au Tour du Rwanda, où il a terminé 33e du prologue. Son programme inclut également la Volta a Catalunya, le Tour de Suisse et le Tour de la Vallée d'Aoste, sans participation prévue aux Grands Tours pour l’instant. Mais l’objectif est clair :

"Si nous le voyons un jour sur la Vuelta, alors nous aurons bien travaillé."

Le jeune grimpeur cite Rigoberto Urán comme son modèle et se dit prêt à apprendre :

"Je suis ici pour gagner en expérience. J’irai chercher les bidons et me sacrifierai pour l’équipe, car c’est la seule façon d’apprendre."

Quant à Londoño, elle est vue comme une sprinteuse polyvalente, capable de passer les côtes. L’équipe espère l’accompagner dans son développement pour en faire une coureuse complète.

Un pari risqué mais ambitieux

Picnic PostNL semble convaincu du potentiel de ses nouvelles recrues, tout en restant conscient du défi que représente leur adaptation. Ce recrutement pourrait ouvrir la porte à une nouvelle ère pour l’équipe, plus ouverte au talent sud-américain, et peut-être poser les bases d’une intégration plus large des Colombiens dans la formation néerlandaise.

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