L’abandon de Remco Evenepoel sur les pentes de Superbagnères reste l’un des événements les plus marquants de la deuxième semaine du Tour de France 2025. Alors qu’il portait encore le maillot blanc de meilleur jeune, le Belge a mis pied à terre dans la 14ᵉ étape, incapable de suivre le rythme. Avant le départ de la 15ᵉ étape, Tom Steels (directeur sportif) et Patrick Lefevere (manager historique de Soudal–QuickStep) ont livré leurs explications.
Trois jours de souffrance
Tom Steels, interrogé par la presse, a confirmé que l’alerte n’était pas nouvelle :
« Ce n’était pas juste hier. Cela faisait trois jours que ça n’allait pas. Quand un coureur comme Remco se fait lâcher alors qu’il reste 80 gars dans le peloton, tu dois être prudent. Tu ne veux pas creuser un trou si profond qu’il faut des mois pour en sortir. »
Dès lors, la décision collective de l’arrêter s’est imposée :
« Ce n’est agréable pour personne, et cinq minutes après avoir abandonné, tu doutes déjà. Mais parfois, c’est au staff de prendre la décision pour le coureur. Il ne se sentait pas dans le coup. Pas besoin d’être malade pour ça : cette sensation de vide, elle s’impose. »
Une saison plombée par un hiver cauchemardesque
Patrick Lefevere, proche de Remco depuis ses débuts, pointe une cause bien connue :
« Son hiver a été pourri. Il a passé trois ou quatre mois sans pouvoir s’entraîner normalement. Quand tu rates toute une période d’entraînement de base, le retard est très dur à combler, mentalement comme physiquement. »
Même avant le Tour, les signes d’alerte étaient là :
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Pas de forme top au Critérium du Dauphiné
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Un stage en altitude mal absorbé
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Des entraînements post-Dauphiné ratés
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Et une équipe qui l’a senti "à côté" dans les jours précédant l’abandon
« On est passés à Lourdes… mais les miracles n’existent pas », a glissé Lefevere avec ironie.
Malgré tout, l’encadrement reste optimiste. Le médecin de l’équipe a confirmé que ses constantes étaient bonnes (tension, fréquence cardiaque) et qu’il s’agissait d’un simple épuisement global.
La suite : repos, analyses et rebond
Quand reverra-t-on Remco en course ? Rien n’est encore défini, mais l’équipe souhaite prendre le temps de comprendre, même si tout ne sera peut-être ni mesurable ni explicable.
« Un coureur connaît son corps. Il faut lui faire confiance. Même si on ne trouve rien de précis, il était évident qu’il n’avait plus rien dans le moteur », conclut Steels.
Remco devrait désormais viser un retour pour la Clásica San Sebastián, avant de défendre son titre sur le contre-la-montre des Championnats du monde à Zurich.
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