Dans le cyclisme féminin, rares sont les coureuses autant scrutées — et parfois critiquées — que Demi Vollering. Il n’aura suffi que d’une saison considérée “moins dominante” pour que l’une des meilleures grimpeuses du peloton se retrouve dans une tempête médiatique, souvent injustifiée.
Alors que la Néerlandaise sort pourtant d’un exercice marqué par plusieurs victoires majeures, des voix continuent de se lever pour questionner son approche tactique, sa gestion de course ou même son leadership. La dernière en date : Jip van den Bos, qui a livré une analyse mesurée mais sans concessions lors du Wielergala d’Utrecht.
Un palmarès 2025 loin d’être faible : les faits parlent pour Vollering
Avant toute critique, Van den Bos a rappelé ce que certains semblent oublier :
Demi Vollering n’a pas connu une mauvaise saison, bien au contraire.
La coureuse de la FDJ–Suez a remporté toutes les courses par étapes espagnoles auxquelles elle a participé :
-
Itzulia Women
-
Volta a Catalunya
-
Vuelta a la Comunitat Valenciana
-
La Vuelta Femenina
Un triplé (voire quadruplé) ibérique qui, à lui seul, placerait n’importe quel CV dans l’élite mondiale.
À cela s’ajoute un titre de championne d’Europe, remporté avec autorité.
Et pourtant, une partie des observateurs continue à comparer sa saison à celle de Pauline Ferrand-Prévot, véritable phénomène en 2025 — une comparaison que Van den Bos juge trop réductrice.
“Tu ne peux pas dire que Demi a fait une mauvaise année. Elle gagne toutes les courses espagnoles qu’elle dispute. Et elle termine deuxième du Tour”, insiste-t-elle.
Le Tour de France Femmes : un point focal, mais pas toute la saison
Alors oui, Demi Vollering a perdu le Tour face à Pauline Ferrand-Prévot, impériale et sans doute la meilleure cycliste de l’année.
Mais perdre face à PFP n’a rien d’une catastrophe sportive — plutôt un rappel du niveau exceptionnel de la Française.
Van den Bos résume :
“Elle n’a pas fait un mauvais Tour. Elle n’était pas aussi forte que Ferrand-Prévot, mais c’était un Tour solide.”
Malgré cela, une partie du public et des analystes semble incapable de lire sa saison autrement qu'à travers ce seul résultat. Une vision simpliste, mais récurrente.
Ce que Vollering doit améliorer selon Jip van den Bos : les choix tactiques
Après avoir défendu la Néerlandaise, Van den Bos ne cache pas qu’il existe un point d’amélioration clair : sa tactique.
“Je pense qu’elle a beaucoup à apprendre tactiquement. En regardant comment elle a couru le Tour, certaines décisions auraient pu lui offrir davantage de victoires”, analyse-t-elle.
L’exemple le plus frappant ?
La dernière étape du Tour de France Femmes 2025, remportée par Pauline Ferrand-Prévot.
Van den Bos détaille :
“Vollering attaque dans la dernière ascension alors qu’elle sait qu’elle est la moins explosive en montée. Elle déroule le tapis rouge pour Ferrand-Prévot, qui contre-attaque et lâche tout le monde. Vollering était probablement la plus rapide au sprint.”
Une erreur stratégique coûteuse, selon elle, qui aurait pu changer la physionomie de la course.
Une championne critiquée… parce qu’elle vise toujours plus haut
Demi Vollering reste l’une des plus grandes favorites des courses par étapes et l’athlète qui, chaque année, doit jouer la gagne sur le Tour de France Femmes.
Cette pression permanente fait que la moindre faiblesse devient une polémique, et la moindre défaite, un débat national aux Pays-Bas.
Mais en 2026, un fait est certain :
Vollering reviendra avec l’ambition intacte de reconquérir son trône.
La question n’est pas de savoir si elle en est capable.
Mais plutôt : le peloton est-il prêt pour la revanche de l’une des coureuses les plus critiquées — et les plus fortes — de sa génération ?

Enregistrer un commentaire