Europe 2025 : la défaillance de Vingegaard décryptée de l’intérieur par Rasmus Pedersen


La sortie de route prématurée de Jonas Vingegaard lors des Championnats d’Europe 2025 a fait couler beaucoup d’encre. Mais au sein même de la sélection danoise, le discours est bien plus nuancé. Dans le Domestique Hotseat Podcast, Rasmus Pedersen, équipier et témoin privilégié de la course, apporte un éclairage essentiel : celle d’un jour sans, vécu même par les plus grands.

« Même les meilleurs ont des mauvais jours »

Vingegaard, attendu parmi les favoris derrière Tadej Pogačar et Remco Evenepoel, a été distancé dès les premières rampes. Un scénario qui a surpris les téléspectateurs, mais pas totalement les coureurs présents dans le rouge dès le départ.
« Chaque coureur, même le meilleur que j’ai vu aujourd’hui, peut avoir un mauvais jour », explique Pedersen.

Le Danois insiste : tout avait été fait correctement en amont. « Jonas avait pris un gel caféine juste avant le deuxième tour… et quinze kilomètres plus tard il était lâché. Il croyait en ses chances à 100 %, il avait tout préparé pour être au niveau. »
Pas de négligence, pas de méforme annoncée : simplement une journée où les jambes ne répondent pas.

Un baptême du feu aux côtés de Vingegaard

Pour Pedersen, cette course devait être un moment marquant : sa première véritable sélection aux côtés de Vingegaard.
« J’étais juste excité d’être là, avec ces coureurs-là : Skjelmose, Jonas… des poids lourds. »
Appelé deux semaines plus tôt par le sélectionneur Michael Mørkøv, il n’a pas hésité : « Je suis toujours prêt à porter le maillot national. »

Sa mission ? Contrôler les premières échappées et protéger les leaders. Mais le scénario ideal a explosé après quelques minutes seulement.

Un départ d’une violence extrême

« On a commencé directement par une ascension de 4 km. Les huit premières minutes à 450 watts… Je ne suis pas grimpeur, c’était quelque chose », raconte Pedersen.
Résultat : un peloton brisé, des groupes désorganisés, et des abandons en cascade.
La chaleur, le rythme et la pente ont transformé la course en véritable hachoir : seuls 17 coureurs verront la ligne d’arrivée. Pedersen, comme beaucoup d’autres, sera mis hors délais.

« Quand tu es à plus de 10 minutes, c’est terminé. Et il y a toujours une pression particulière quand tu cours avec des gars comme ça. »

Un contexte qui relativise l’échec

Si Vingegaard a fait la une pour sa sortie prématurée, le récit de Pedersen remet les choses en place :

  • un parcours impitoyable,

  • un départ démentiel,

  • des conditions extrêmes,

  • et un peloton décimé avant même la mi-course.

Plus que la contre-performance d’un champion, ce Championnat d’Europe restera comme un exercice survivaliste où même les meilleurs se sont heurtés à leurs limites.
« Les jambes sont les jambes », résume Pedersen. Et même celles d’un double vainqueur du Tour peuvent dire stop.

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