Davide Cimolai tire sa révérence : une fin de carrière tourmentée mais tournée vers l’avenir


Après seize saisons dans le peloton professionnel, Davide Cimolai a décidé de mettre un terme à sa carrière. L’Italien aura laissé une empreinte discrète mais précieuse : neuf victoires, 15 Grands Tours, 27 Monuments, six équipes différentes et une constance exemplaire dans le rôle de sprinteur et d’équipier fiable. Ses deux dernières années, il les aura passées chez Movistar, avant qu’une succession de pépins ne mette un point final à son parcours.

Dans un long entretien accordé à bici.pro, Cimolai revient avec lucidité sur son année 2025, marquée par les maladies, les chutes, les hospitalisations… et une prise de conscience progressive. Sa saison devait être la dernière avant une année supplémentaire prévue en 2026, mais le destin en a décidé autrement.

Une saison 2025 minée dès les premières courses

Le début d’année a été un calvaire. Touché par une forte grippe au Tour d’Oman, Cimolai continue malgré tout au UAE Tour, épuisé mais déterminé. Les difficultés se répètent sur les Strade Bianche puis les classiques du Nord, où il n’arrive jamais à retrouver la moindre pointe de fraîcheur.

Le pire survient avant le Giro : une blessure mal soignée tourne à l’infection sévère et l’oblige à être hospitalisé d’urgence. « J’ai failli perdre mon bras », confie-t-il. Les lourds traitements antibiotiques qui suivent le laissent complètement affaibli : otites à répétition, fatigue persistante, impossibilité de retrouver le niveau nécessaire pour performer, surtout à 36 ans.

Revenu tant bien que mal pour Wallonie et Pologne, il voit un ultime coup du sort s’abattre : un Covid sévère le met de nouveau hors-jeu. Trois mois de galère qui scellent définitivement sa décision.

Gaviria, la fin d’un tandem et un signe du destin

L’Italien confie aussi que le départ de Fernando Gaviria, qu’il était chargé d’emmener dans les sprints, a pesé dans la balance. Le Colombien n’a pas gagné en 2025, compliquant encore la dynamique du duo. « Peut-être qu’avec une victoire de plus, les choses auraient été différentes », glisse-t-il, sans amertume.

Une retraite, mais pas un adieu

Cimolai ne quitte pas le cyclisme pour autant. S’il garde pour lui un projet personnel dans l’agriculture, il prépare surtout l’ouverture d’un studio d’accompagnement pour jeunes cyclistes. Son objectif : transmettre seize années d’expérience pour guider la nouvelle génération.

Le rôle de mentor, il l’a déjà endossé au fil de sa carrière, notamment ces dernières années. « Je ne veux pas laisser perdre ce savoir. Je veux aider les jeunes à vivre ce métier avec passion et professionnalisme. »

Les souvenirs d’un gamin lancé dans le grand bain

Il se remémore aussi son premier jour pro, au Tour de San Luis 2010, avec Liquigas. En un instant, il passe du statut d’amateur habitué à jouer sa carte personnelle à celui de coéquipier pour Francesco Chicchi… et de garde rapprochée d’un certain Vincenzo Nibali, leader du général. « Tout était nouveau. Même l’argent : les primes étaient encore versées en liquide ! »

« J’aurais pu en faire plus »

Sa carrière, Cimolai la décrit honnêtement : solide, utile, parfois brillante, mais perfectible. Il estime avoir manqué de maturité dans les premières années et remercie Leonardo Piepoli, son entraîneur chez Movistar, de l’avoir aidé à évoluer tardivement. « Il m’a ouvert les yeux. J’aurais pu pousser plus loin, plus tôt. Aujourd’hui je suis lucide : j’étais parfois fragile mentalement. »

Entouré de sa famille, et surtout de sa compagne Alessia — « mon phare dans les moments les plus difficiles » —, il aborde sa nouvelle vie avec sérénité.

Davide Cimolai s’en va avec l’humilité qui l’a toujours caractérisé. Mais il ne disparaît pas : il change simplement de rôle. Et le cyclisme aura sans doute encore beaucoup à gagner de lui.

Post a Comment

Plus récente Plus ancienne