Groupama–FDJ : une saison 2025 en recul malgré l’éclosion de Grégoire

 


La saison 2025 de Groupama–FDJ aura été un long balancement entre éclairs de talent et frustrations persistantes. Avec 15 victoires, comme en 2024, l’équipe dirigée par Marc Madiot peut afficher un bilan comptable stable. Mais derrière ces chiffres, la réalité est moins flatteuse : des succès essentiellement obtenus sur des courses françaises de second rang, un classement WorldTour en chute libre (18e), et une impression générale d’essoufflement.

Dans un contexte de transition marqué par le départ de Lenny Martinez et la montée en puissance d’une nouvelle génération emmenée par Romain Grégoire, la question était claire : la structure française pouvait-elle rester compétitive au plus haut niveau ? La réponse, en 2025, a semblé pencher vers le non.


Les classiques : du sérieux, mais aucune victoire majeure

Les classiques de printemps ont résumé la saison de Groupama–FDJ : appliquée, visible… mais jamais décisive.

Sur les pavés, Stefan Küng a livré des performances solides — 6e à l’E3, 9e à Dwars door Vlaanderen, 7e au Tour des Flandres — avant de subir une lourde chute à Paris–Roubaix, conclue par une 43e place. Le Suisse demeure une référence, mais n’a encore une fois pas réussi à transformer sa régularité en grande victoire.

Dans les Ardennaises, Romain Grégoire, 22 ans, a confirmé son statut de leader en devenir : 7e à l’Amstel, puis 7e sur le Mur de Huy, avec Martin dans le top 15.
Les épreuves françaises ont été plus prolifiques : victoires de Grégoire (Faun-Ardèche), Martin (Grand Besançon Doubs, Jura), et Askey (Boucles de l’Aulne). Des succès rassurants mais peu influents au niveau mondial.


Grand Tours : un éclair en Espagne, mais trop peu pour sauver l’année

Giro : Gaudu s’effondre

Prévu comme son objectif majeur, le Tour d’Italie a tourné au fiasco pour David Gaudu, incapable de suivre dans les grandes ascensions et finalement 66e. Le Français, jadis présenté comme l’espoir des classements généraux, a vécu l’un de ses pires Grands Tours.


Tour de France : une présence, mais aucun résultat majeur

Gaudu renonce à prendre le départ : coup dur.
La responsabilité passe à Guillaume Martin, 16e au général. Un résultat correct mais insuffisant pour peser dans une saison.
Le vrai rayon de soleil vient à nouveau de Grégoire : trois top-5, dont deux dans la première semaine, pour un Tour prometteur mais sans victoire.

Vuelta : enfin un moment de grâce

L’unique grand frisson de l’année porte le nom de David Gaudu :
victoire magnifique sur la 3e étape
maillot rouge le lendemain

Une éclaircie vite dissipée : crash, douleurs, et perte de rendement. Toute la Vuelta suivra ce schéma : quelques ambitions, mais aucun résultat majeur en dehors de ce succès d’étape.


Mercato : Küng s’en va, pari sur les grimpeurs

Le départ de Stefan Küng, après sept saisons, est un séisme. Le Suisse représentait à la fois un pilier en classiques et un repère en chrono.
L’équipe perd également Lewis Askey, ainsi que des équipiers expérimentés comme Bystrøm et Davy.

Les arrivées vont vers le développement : Berthet, Tronchon, Costiou, profils jeunes et tournés vers la montagne. Un signe que Groupama–FDJ continue de miser sur sa formation… mais aussi que la saison 2026 pourrait être une nouvelle année de transition.


Verdict : 5/10

La saison 2025 a été un pas en arrière.
-Une victoire sur un Grand Tour
-L’éclosion de Grégoire
-Des leaders en difficulté
-Aucun succès majeur en WorldTour
-Un classement général inquiétant

Malgré des motifs d’espoir, l’équipe n’a pas pesé sur les grands rendez-vous. Sans recruter de top sprinteur ou de grimpeur confirmé, la marge de progression semble limitée. 2026 devrait être une année décisive pour savoir si Groupama–FDJ peut revenir au premier plan… ou continuer à glisser vers le ventre mou du WorldTour.

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