Demi Vollering dénonce l’indifférence après une lourde chute à l’entraînement en Espagne


La sécurité des cyclistes professionnels sur les routes reste un sujet brûlant. Demi Vollering, vainqueure du Tour de France Femmes 2023, en a fait l’amère expérience la semaine dernière lors d’un entraînement en Espagne. La leader de FDJ–Suez a violemment chuté jeudi sur les routes de la province d’Alicante, avant de dénoncer publiquement l’attitude de plusieurs automobilistes qui ont ignoré sa détresse.

La Néerlandaise de 29 ans s’entraînait au sud de Benidorm, sur l’un des nombreux itinéraires prisés par les équipes professionnelles en stage hivernal sur la Costa Blanca. Dans une descente, Vollering a perdu le contrôle de son vélo et « embrassé le bitume », comme elle l’a elle-même décrit avec ironie sur ses réseaux sociaux. Elle souffre de coupures aux mains et au visage, sans implication d’un autre véhicule ou d’un autre coureur dans la chute.

Une réaction qui interroge sur le comportement des usagers de la route

Rapidement après l’accident, Demi Vollering a partagé une série de stories Instagram, montrant son vélo au sol et elle-même assise sur le bas-côté, visiblement touchée. Mais plus que la chute elle-même, c’est la réaction – ou plutôt l’absence de réaction – de certains automobilistes qui a suscité sa colère.

Selon la coureuse, trois voitures seraient passées sans même s’arrêter, ni lui demander si elle allait bien. Une attitude qu’elle a dénoncée avec sarcasme :
« Merci aux trois voitures qui sont passées sans même me demander si j’allais bien. Ça donne beaucoup de confiance en l’humanité… ou pas. »

Un message fort, illustrant le sentiment d’insécurité ressenti par de nombreux cyclistes, professionnels comme amateurs. Vollering a toutefois tenu à remercier un cycliste qui, lui, s’est arrêté pour prendre de ses nouvelles, ainsi que le staff FDJ–Suez, rapidement arrivé pour la ramener à Altea, où l’équipe est basée pour son stage hivernal.

Une préparation perturbée mais une saison déjà riche

Cet incident survient alors que Demi Vollering se prépare à sa deuxième saison sous les couleurs de FDJ–Suez, après son très médiatisé départ de SD Worx à l’intersaison 2024-2025. Malgré la pression et les attentes, la Néerlandaise a encore signé une saison 2025 exceptionnelle, avec des victoires de prestige :

  • Strade Bianche (son deuxième succès),

  • Vuelta Femenina (doublé),

  • Itzulia Women (troisième victoire),

  • et son premier succès sur la Volta a Catalunya.

En revanche, elle n’est pas parvenue à reconquérir le Tour de France Femmes, terminant deuxième derrière Pauline Ferrand-Prévot, après avoir été gênée par une chute à haute vitesse lors de la troisième étape. Elle a néanmoins conclu l’année en beauté avec son premier titre européen sur route, remporté au terme d’un raid solitaire de 37 kilomètres en Ardèche.

Un problème récurrent dans le peloton

Le cas Vollering n’est malheureusement pas isolé. Ces derniers mois, de nombreux coureurs et coureuses ont été victimes d’accidents à l’entraînement, souvent impliquant des automobilistes.

Son ancienne coéquipière Lorena Wiebes a récemment révélé avoir été percutée par un automobiliste ayant pris la fuite, alors qu’elle roulait aux Pays-Bas. La Belge Marion Norbert Riberolle a également été blessée lors d’une collision avec une voiture, tandis que la Britannique Zoe Bäckstedt a vu sa saison hivernale compromise après une lourde chute, son casque « lui ayant probablement sauvé la vie ».

Chez les hommes, le Français Thibault Guernalec a frôlé le drame après un choc frontal avec un véhicule en Bretagne, tandis que Pierre Latour a dû mettre un terme à sa carrière après avoir été heurté par un camion. Plus récemment encore, Cian Uijtdebroeks a été hospitalisé après avoir été percuté lors d’un entraînement.

Un rappel brutal de la vulnérabilité des cyclistes

Par son témoignage, Demi Vollering remet une nouvelle fois en lumière la fragilité des cyclistes sur la route, même au plus haut niveau. Au-delà de la chute, son message souligne un enjeu majeur : le manque de considération de certains usagers de la route face aux sportifs vulnérables.

Un rappel nécessaire, alors que les stages hivernaux battent leur plein et que les routes européennes voient se croiser professionnels, amateurs et automobilistes, parfois sans la vigilance indispensable.

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