Dans un marché des transferts 2025-2026 particulièrement brutal, marqué par la disparition d’Arkéa-B&B Hotels et la fusion de plusieurs structures, Florian Sénéchal fait figure d’exception. Là où nombre de ses anciens coéquipiers ont vécu des semaines d’incertitude, voire vu leur carrière brutalement s’arrêter, le Français a su éviter le naufrage. La raison ? Tout était déjà réglé depuis 2024.
Le coureur nordiste poursuivra sa carrière au sein de l’équipe Alpecin-Deceuninck, où il intégrera l’un des collectifs les plus performants du peloton mondial, au service de Mathieu van der Poel et des sprinteurs Jasper Philipsen, Kaden Groves et Gerben Thijssen.
« Je suis prêt. C’est une grande équipe WorldTour, où rien n’est laissé au hasard : la préparation, le sommeil, les détails… tout est optimisé », a-t-il confié.
Une anticipation décisive… mais qui interroge
Sénéchal ne s’en cache pas : c’est lui-même qui a pris l’initiative de contacter Alpecin dès 2024, bien avant que les coureurs d’Arkéa ne soient officiellement autorisés à négocier ailleurs. Une démarche proactive qui lui a permis de sécuriser son avenir, mais qui soulève aussi une question délicate sur le plan éthique, dans un contexte où ses coéquipiers n’avaient pas cette liberté.
« Nous étions en contact depuis un an. Nous avons discuté, pris le temps, construit un plan, et les choses se sont mises en place naturellement », explique-t-il. Malgré ses soucis physiques et mentaux traversés chez Arkéa, la formation belge lui a témoigné une confiance constante.
Arkéa, une expérience formatrice malgré tout
Si Sénéchal a évité le pire, il n’en reste pas moins marqué par la fin de l’équipe bretonne. « La situation m’a affecté. Arkéa donnait des opportunités aux jeunes comme aux plus expérimentés, avec un vrai projet global, incluant une équipe féminine et une structure continentale », rappelle-t-il.
Le Français insiste aussi sur les leçons tirées de ces années difficiles : « J’ai appris l’importance de la force mentale, de l’équilibre entre le physique, l’équipement et l’environnement. J’ai aussi appris à gérer les déceptions, les problèmes matériels et à continuer quand rien ne fonctionne. »
Si la majorité des coureurs a finalement retrouvé une équipe, une grande partie du staff reste aujourd’hui sans emploi, une situation que Sénéchal décrit comme « très dure humainement ».
Un rôle clé chez Alpecin en 2026
Tourné vers l’avenir, Florian Sénéchal arrive chez Alpecin avec une mission claire. « Je serai capitaine de route dans les sprints, chargé d’organiser le train et de lancer les sprinteurs selon le calendrier. » Un rôle stratégique, parfaitement adapté à son expérience et à son sens du placement.
Dans les classiques, il épaulera Mathieu van der Poel, avec pour objectif de le maintenir aux avant-postes dans les moments décisifs. « J’aurai aussi quelques opportunités personnelles », précise-t-il, sans cacher son ambition de redevenir un acteur majeur sur les courses d’un jour.
À 31 ans, Sénéchal entame ainsi un nouveau chapitre, sauvé par son anticipation dans un peloton plus incertain que jamais.

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