Victor Campenaerts : “Grimper, c’est mettre la tête dans un seau d’eau”


Victor Campenaerts n’a jamais eu peur des mots. Le coureur belge de Visma | Lease a Bike, fidèle équipier de Jonas Vingegaard, revient sur une saison passée à se sacrifier pour ses leaders, tout en profitant de rares fenêtres pour se montrer à titre personnel. Deuxième et quatrième d’étape à la Vuelta, et auteur d’une solide performance sur la longue échappée de Carcassonne au Tour de France, Campenaerts a rappelé qu’il restait l’un des plus solides baroudeurs du peloton.

Invité du Domestique Hotseat Podcast, le coureur de 33 ans s’est livré sur le rapport intime qu’il entretient avec la montagne, citant une phrase entendue dans un documentaire consacré à Bradley Wiggins. Une image saisissante, qui illustre parfaitement la brutalité des ascensions pour un coureur au gabarit davantage taillé pour les échappées roulantes :

« Wiggins a décrit le fait de grimper comme mettre la tête dans un seau d’eau. Rapidement, tout ce qu’on veut, c’est la sortir et respirer. Mais imagine que le gars à côté de toi fait la même chose… et qu’il peut retenir sa respiration plus longtemps. Alors tu n’essaies même pas. Seul le fait d’avoir confiance te permet de creuser au fond de toi. C’est un jeu mental pour apprivoiser la douleur. Quand tu crois que tu peux le faire, tu peux tenir. »

Une définition brute, presque physique, de ce que représente l’effort en montagne pour les équipiers. Et un rappel que la différence entre tenir, exploser ou accompagner les meilleurs tient parfois uniquement à la tête.

Une réflexion sur la fusion Lotto–Intermarché

Campenaerts est aussi revenu sur une actualité qui le touche de près : la fusion entre son ancienne équipe, Lotto, et Intermarché. Un sujet encore sensible dans le peloton.

« Ce n’est jamais agréable quand une équipe ferme. Ce n’est bon ni pour le cyclisme, ni pour les coureurs, ni pour les membres du staff. Au Tour, tu crées des liens à vie avec les gens qui t’entourent. Certains que je connais ont perdu leur place. Ce n’est pas beau à voir. J’espère que la fusion apportera quelque chose de positif pour Intermarché–Lotto. »

À travers ses mots, Campenaerts rappelle la précarité structurelle du cyclisme professionnel : derrière les grandes courses et les grands noms, ce sont des emplois, des familles et des carrières qui se jouent.

Toujours lucide, parfois cash, le Belge continue de s’imposer comme l’une des voix les plus intéressantes du peloton moderne. Une voix qui connaît mieux que quiconque le prix de l’effort, de la douleur… et de la fidélité à une équipe.

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