Le nouveau maillot Red Bull–Bora–hansgrohe par Specialized : jusqu’à 25 watts gagnés, mythe ou révolution ?


Specialized a levé le voile sur son nouveau maillot de course développé pour Red Bull–Bora–hansgrohe, et l’annonce n’est pas passée inaperçue. La marque américaine affirme être allée bien plus loin que la plupart des équipementiers dans sa quête de performance, avec un chiffre choc à l’appui : jusqu’à 25 watts de gain aérodynamique.

Une promesse spectaculaire, presque trop belle pour être vraie. Dans un univers où les gains marginaux sont devenus une obsession, un tel chiffre attire forcément l’attention — et mérite aussi d’être analysé avec un minimum de recul.

Contrairement à de nombreux lancements de tenues professionnelles qui se limitent à un changement de couleurs ou de logos, Specialized affirme avoir entièrement repensé le maillot, de la coupe aux matériaux. Le fameux gain de 25 watts est toutefois à replacer dans son contexte : il correspond à une comparaison entre le nouveau maillot de course et le maillot SL de la gamme Specialized, et non avec l’ancienne tenue de l’équipe.

Pour donner un ordre d’idée, des tests en soufflerie réalisés récemment sur des vélos aérodynamiques ont montré qu’un modèle comme le Cervélo S5 pouvait offrir environ 27 watts de gain… par rapport à un vélo de route vieux de dix ans. Imaginer qu’un simple maillot puisse approcher de tels chiffres est donc impressionnant — mais aussi révélateur de l’importance croissante du textile dans la performance globale.

Dans la pratique, Specialized reconnaît que pour un coureur déjà équipé du maillot équipe 2025, le gain réel serait plutôt de l’ordre de 5 watts. Un chiffre beaucoup plus raisonnable, mais loin d’être négligeable dans un peloton WorldTour où chaque détail compte.

Ces gains annoncés reposent notamment sur l’utilisation du tissu propriétaire SlipLayer, spécialement tissé pour optimiser l’aérodynamique. Le matériau est organisé selon un motif « cinétique » censé épouser les mouvements du coureur comme une seconde peau. Les manches, elles aussi retravaillées, semblent conçues pour fonctionner en position de course, plutôt que simplement suivre la forme des bras.

La réduction du nombre de panneaux et de coutures contribue également à une meilleure adaptation au corps du coureur, limitant les turbulences. Une approche désormais classique dans le développement aérodynamique moderne : une accumulation de micro-optimisations sur la coupe, les textures, les coutures et les matériaux, qui finissent par produire un gain mesurable.

Specialized applique ici à l’habillement la même philosophie que celle observée récemment dans la conception des cadres et composants, privilégiant l’évolution progressive plutôt que la rupture brutale.

Consciente toutefois que tous les cyclistes ne présentent pas la morphologie ultra-affûtée des professionnels, la marque a également lancé une version replica du maillot. Plus polyvalente, elle conserve une coupe ajustée et une ambition performance, sans toutefois revendiquer de gain aérodynamique chiffré. Elle offre davantage de praticité, avec un dos plus respirant, trois poches, une protection solaire SPF 30 et une meilleure tolérance à l’usage quotidien.

Au final, au-delà du chiffre accrocheur des 25 watts, le message principal est clair : le maillot est devenu un véritable élément de performance, parfois plus impactant qu’un changement de vélo ou de roues, et pour un coût bien inférieur. À condition, bien sûr, de choisir une coupe réellement adaptée à sa morphologie.

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