Pauline Ferrand-Prévot : après le Tour, de nouveaux défis pour une championne en quête d’équilibre


Que proposer à une championne qui a déjà tout gagné ? C’est la question à laquelle a dû répondre le staff sportif de Visma | Lease a Bike Women en construisant le programme 2026 de Pauline Ferrand-Prévot. Victorieuse du Tour de France Femmes dès son retour sur route, la Française entend désormais défendre son titre, tout en explorant de nouveaux horizons.

Revenue sur route en 2025 à 32 ans avec un objectif clair – remporter le Tour dans un délai de trois ans –, Ferrand-Prévot a devancé toutes les attentes. En à peine huit mois, le pari était réussi, venant compléter un palmarès déjà exceptionnel, riche de titres mondiaux, de médailles olympiques et de succès dans plusieurs disciplines.

Installée à La Nucia, en Espagne, à la mi-janvier 2026, la Française revient avec lucidité sur l’après-Tour.
« C’était la folie, encore plus qu’après l’or olympique. Je n’étais pas totalement prête à vivre ça », confie-t-elle. « Le Tour dépasse le cadre du cyclisme. Même des gens qui ne suivent pas le sport ont été touchés. J’ai tout apprécié, mais cela m’a coûté énormément d’énergie. »

Prendre du recul pour mieux repartir

Consciente de l’impact médiatique et émotionnel de son succès, Ferrand-Prévot a choisi de faire un pas de côté à l’intersaison.
« J’ai changé de numéro, passé beaucoup de temps avec ma famille, lu des livres. J’avais besoin de me recentrer pour attaquer cette nouvelle saison », explique-t-elle.

En 2026, le Tour de France Femmes reste naturellement l’objectif central. Mais la championne olympique souhaite aussi gagner en régularité sur l’ensemble de la saison.
« Des courses comme Strade Bianche, le Tour des Flandres ou Liège-Bastogne-Liège me motivent énormément », précise-t-elle. Elle fera toutefois l’impasse sur Paris-Roubaix, préférant se concentrer sur les Ardennaises afin de maximiser ses chances à Liège, qu’elle désigne comme l’un de ses grands objectifs du printemps.

Les Championnats du monde figurent également à son programme, même si elle reconnaît la difficulté de rester pleinement focalisée après le Tour.
« La pression est différente maintenant. L’an dernier, j’étais outsider. En 2026, je devrai assumer un statut de favorite. J’aime la pression, je la gère bien, et j’ai hâte d’y être. »

Indifférente aux polémiques

Interrogée sur la concurrence – Demi Vollering, Kasia Niewiadoma ou Marlen Reusser –, Ferrand-Prévot se montre fidèle à elle-même.
« Je fais mon truc. S’inquiéter de ce que font les autres n’a aucun sens, car on n’a aucune prise là-dessus. »

Les commentaires publics sur son poids durant le Tour ne l’ont pas affectée personnellement, même si elle regrette leur impact sur ses proches.
« Chacun peut avoir un avis. Ce qui m’a surtout peinée, c’est que mes parents aient eu à lire certaines choses. »
Elle rappelle que sa préparation repose sur un travail collectif rigoureux, mêlant entraîneurs, nutritionnistes et médecins, loin des raccourcis simplistes.

Une fidélité totale à Visma | Lease a Bike

Lucide sur les exigences du haut niveau, la Française n’ignore pas les difficultés mentales du cyclisme moderne, récemment illustrées par plusieurs retraites précoces.
« Atteindre le sommet est une chose, y rester en est une autre », souligne-t-elle.

Si son compagnon Dylan van Baarle a quitté Visma | Lease a Bike, Ferrand-Prévot n’envisage pas un instant un départ.
« Je me sens ici comme à la maison. J’y finirai ma carrière. »

Quant à l’après-cyclisme, elle ne se projette pas encore.
« Je sais que je voudrais devenir mère un jour, mais pour le reste, je n’y pense pas. Aujourd’hui, je suis pleinement tournée vers 2026. »

Déjà entrée dans l’histoire, Pauline Ferrand-Prévot aborde la nouvelle saison avec la même motivation : continuer à gagner, sans jamais perdre l’équilibre.

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