Debora Silvestri : l’Italienne qui monte et rêve de briller en 2026


Souriante, déterminée et en pleine ascension : Debora Silvestri, 27 ans, a conclu sa saison 2025 comme l’une des Italiennes les plus en vue du peloton féminin. La Véronaise a décroché une victoire de prestige au Gran Premio Ciudad de Eibar, disputé dans des conditions apocalyptiques. « Avec le froid et la pluie, je me suis sentie portée », raconte-t-elle. Une performance qui confirme son statut d’athlète en pleine maturation.

Depuis 2023, Silvestri évolue au sein de la formation basque Laboral-Kutxa. À Eibar, la stratégie initiale misait sur Ane Santesteban, qui courait là la dernière épreuve de sa carrière. Mais une course pleine de rebondissements a offert à l’Italienne l’occasion de jouer sa propre carte. « Dans le final, j’ai senti que c’était possible. Et j’y suis allée. J’ai gagné. » Une victoire méritée, la quatrième depuis son passage chez les Élites.

Silvestri estime avoir franchi un cap en 2025, notamment au Tour de l’Ardèche, où elle a été régulièrement parmi les meilleures. Son sélectionneur national, Marco Velo, ne cache pas son admiration : « Debora est en progression constante. Elle termine la saison avec une motivation exemplaire. Ce sont des athlètes comme elle dont l’équipe nationale a besoin. Eibar doit devenir un tremplin pour s’installer durablement parmi les meilleures. »

Polyvalente, passée aussi par la piste dans les catégories jeunes, Silvestri se définit comme une passista-scalatrice capable de bien lire les courses. Sa seule sélection élite remonte à 2021, à l’Euro de Trente : « Quatre ans déjà… Il est temps de revenir en Nazionale. J’espère y parvenir en 2026. »

Et l’année à venir s’annonce riche pour la Squadra Azzurra : Jeux Méditerranéens à Tarente, Européen en Slovénie et Mondial à Montréal. Un parcours sélectif qui inspire Debora : « C’est un tracé taillé pour moi. J’aimerais être titulaire à Montréal. »

Consciente de ses axes de progression, Silvestri sait qu’elle doit améliorer son niveau en contre-la-montre. Elle prend pour exemple la chrono du Tour de l’Ardèche, bouclée avec un vélo utilisé… une seule fois à l’entraînement : « En travaillant la position et en me préparant mieux, je peux progresser et viser de meilleurs classements sur les courses par étapes. »

La Laboral-Kutxa, à la différence de l’Athletic Bilbao en football, cultive une identité résolument internationale. En 2026, cinq Italiennes porteront le maillot rose-lilas-céleste : Sara Fiorin, Arianna Fidanza, Alice Arzuffi, Cristina Tonetti et Debora Silvestri. « Nous serons plus nombreuses que les Basques dans l’équipe ! Trouver 14 ou 15 coureuses basques aptes au calendrier WorldTour est très compliqué. D’où la vocation internationale. »

Le programme hivernal est déjà calé : stage à Altea (Costa Blanca) le 14 décembre, puis un grand rassemblement en janvier, avant un début de saison sur la Challenge de Majorque. Silvestri se projette aussi sur ses rêves : « Les Strade Bianche, c’est une course que j’adore. Le Trofeo Binda est très beau aussi, mais il convient désormais davantage aux coureuses rapides. »

La Vuelta, objectif majeur pour la Laboral-Kutxa, reste un souhait personnel : « Il faudra déjà convaincre l’équipe de m’aligner. J’aimerais y arriver en plus des courses pavés : Flandres, Roubaix… Je rêve que ces courses fassent partie de mon programme. » Déjà présente à Roubaix en 2023, elle en garde un souvenir contrasté mais excitant : « Je n’avais pas brillé, mais j’avais adoré. Les secteurs pavés, ça m’a galvanisée. »

Sereine, appliquée, motivée, Debora Silvestri aborde 2026 avec ambition et certitude : « Je veux rendre la confiance de l’équipe. Je me sens prête. »

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