Lorsqu’il est passé professionnel en 2015, Mads Pedersen entrait dans un sport déjà exigeant et structuré. Dix ans plus tard, le Danois de Lidl-Trek estime pourtant que le cyclisme a changé de visage au point d’en devenir presque méconnaissable.
Présent lors du récent media day de son équipe, le champion du monde 2019 a livré une analyse franche et sans détour de l’évolution du peloton moderne, désormais dominé par la science, les données et le contrôle absolu de chaque détail.
« Même depuis mes débuts chez les professionnels, le cyclisme a complètement changé », explique Pedersen.
« À l’époque, quand on voulait perdre du poids, on allait simplement s’entraîner, avec un peu d’eau, une barre énergétique, peut-être une banane et un café à mi-parcours. Et c’était tout. Aujourd’hui, tu manges toute la journée. »
Derrière l’humour assumé, le message est clair : le cyclisme moderne exige une rigueur permanente, bien au-delà de l’entraînement pur.
« Le cyclisme est totalement différent aujourd’hui. Il faut être extrêmement concentré et sérieux. Je ne m’attendais pas à ça, c’est sûr. Mais on s’y adapte. Si tu veux rester dans ce sport, tu dois accepter ces règles. Sinon, il faut faire autre chose. »
Entre deux époques
À 30 ans, Pedersen fait partie de cette génération charnière, formée avant l’explosion totale des données, des plans nutritionnels millimétrés et du suivi permanent de la performance. Une période qu’il évoque sans nostalgie excessive, mais avec lucidité.
« Honnêtement, je n’y pense pas tant que ça. Je suis heureux de là où j’en suis aujourd’hui. Heureux aussi d’avoir connu ce qu’on appelle maintenant l’ancien cyclisme. »
Loin de rejeter les évolutions, le Danois souligne surtout sa capacité à s’adapter, en combinant les instincts acquis au début de sa carrière avec les exigences ultra-scientifiques actuelles.
« Je suis curieux de voir jusqu’où tout cela ira avant que je ne raccroche. Tout évolue extrêmement vite. La technologie explose dans tous les domaines de la vie, alors forcément aussi dans le cyclisme. »
Ni critique acerbe, ni nostalgie déplacée, le témoignage de Mads Pedersen reflète une réalité désormais incontournable : le cyclisme qu’il a connu à ses débuts n’existe plus. Et pour ceux qui ont vécu cette transformation de l’intérieur, le changement a été total — et continue de s’accélérer.

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